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    Pensée d’hiver pour Gaza et Palestine ?

     

    Depuis le début du conflit, ou du massacre, je n’ai pas repris la plume pour rédiger mes sentiments sur cette horreur. Ni mes sentiments, ni ce que me dicte ma raison.

    Tout a été dit. Dans tous les sens. Des propos sionistes, des propos antisionistes, des propos antisémites, des propos anti-arabes, des propos pacifistes, des propos belliqueux, des propos colonialistes, des propos anticolonialistes, des propos religieux, des propos laïques, des propos islamophobes, judéophobes, des propos résignés, des propos mensongers, la hasbara*… Je crois bien que j’aurai lu de tout. D’ailleurs je pense que je vais arrêter de lire. Exceptés les articles d’Uri Avnery*, d’Amira Hass*, d’Avraham Burg* et des quelques rares voix progressistes du Moyen Orient.

    Qu’ai-je donc à dire de si original, pour à mon tour, m’exprimer sur ce sujet ?

    -Est-ce que le bombardement de l’école de Fakhura * est l’atrocité de trop ?

    -Est-ce que le nombre de victimes dépasse le seuil de ma tolérance ?

    -Est-ce que la désinformation ambiante ôte mes complexes pour rédiger un texte ? 

    -Est-ce l’impuissance évidente de l’ONU à régler un conflit latent depuis plus de 60 ans qui m’enrage ?

    -Est-ce le fait d’être persuadé que les prochains accords de « paix » n’avantageront que l’État d’Israël ? État qui mène sa guerre d’une façon si odieuse* que la soumission à ses propositions reste la seule alternative pour un peuple colonisé, affamé, terrorisé, acculé à la violence ou à la résignation.

     

    Partisan de l’abolition des frontières et de l’État, je dois me résigner à prendre le camp des partisans du « deux États pour deux peuples ». Avec le souhait que les palestiniens ne soient pas, encore une fois, les grands perdants du partage des terres, des nappes phréatiques et autres richesses du sous-sol.

    Jusqu’à quelle concession suis-je prêt à m’avilir pour espérer la paix entre palestiniens et israéliens ?

     

    Entre nous, pensez-vous que les victimes, enfants des victimes ou famille des victimes pourront un jour oublier l’horreur dont ils-elles ont été victimes ? Et pardonner ? Ce traumatisme engendrera-t-il une génération de partisans de la paix ?

    Quelle fleur peut pousser dans un tel terreau de haine, de flammes, de destruction, de sang et de larmes ?

     

    Est-ce que l’impunité continuera à outrager le droit international ? Ou bien peut-on espérer que les coupables de ces crimes seront un jour jugés et condamnés ? Mais le mal est commis...

     

    Mato Witko,

     

    Notes :

     

    *Hasbara est le terme qui désigne la propagande de l’État israélien.

     

    *Uri Avnery est un journaliste israélien, co-fondateur du mouvement pacifiste Gush Shalom

     

    *Amira Hass est une journaliste israélienne, prix mondial de la liberté de la presse UNESCO 2003. Auteure de « Boire la Mer à Gaza » aux éditions La Fabrique (2001)

     

    *Avraham Burg est auteur, entre autre, de « Vaincre Hitler, pour un judaïsme humaniste »

     

    * située dans le camp de réfugiés de Jabaliya, cette école était censée être protégée par l’ONU.

     

    * le Hamas utilise des roquettes Qassam sur des civils et des soldats israéliens face aux armes ultra moderne de l’Armée israélienne : obus à uranium appauvri, bombe au phosphore, bombe GBU-39/SDB1 de Boeing (à forte pénétration des aciers et béton), l’explosif DIME (Dense Insert Metal Explosive) … Inutile de préciser que les civils palestiniens n’ont que des cailloux pour se battre.


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  • Commentaires

    1
    Rosalie Laparra
    Dimanche 25 Mars 2012 à 22:00

    Les Tchouktches et les Inuits étaient en guerres depuis si longtemps que plus personne ne se souvenait des raisons de cette guerre. Mais de douleurs vengées en douleurs vengées, personne ne réussissait à arréter cette guerre. Les anciens des deux camps se sont réunis. Voilà ce qu'ils ont décidé: -"Les enfants des deux peuples seront échangés!" Ce qui fut fait. La guerre s'est arrété.

    Bien sur, les intérets véritables des guerres n'ont que faire des enfants du peuples. Ils faudrait échanger les enfants des dirigeants. Et encore leur folie est telle que cela ne suffirait peut-être pas. Mais je pense souvent à cette histoire. Le peuple refuserait de se battre si il savait ses enfants dans le pays d'en face.

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