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    De l’eau dans le gaz…

     

    Depuis la catastrophe de Fukushima, le nucléaire n’a plus le vent en poupe… même en France. Alors faudrait-il se replier sur l’exploitation des gaz de roche présents sur le territoire ? Gaz de schiste, gaz de houille…

     

    Une litote : la consommation d’énergie est en permanente hausse, il est donc logique de produire davantage pour combler ces besoins.

    Sans entrer dans le débat de la raison d’être de l’augmentation de la consommation de toute cette énergie pour en arriver à un tel gaspillage, certains se posent la question de leur indépendance énergétique. À vrai dire, l’indépendance des autres, ils s’en moquent. C’est la leur qui les préoccupe !

    L’industrie électronucléaire française a longtemps essayé de faire croire que la France était indépendante au niveau énergie grâce à l’uranium ! Or cela n’a jamais été le cas. Mais il n’a jamais été question de dire la vérité mais bien de faire de la propagande pour cette industrie. Selon l’IRSN, 76 000 tonnes d’uranium aurait été extraites du sous-sol français. La France n’exploite plus de mine d’uranium sur son territoire depuis 2001 (la dernière mine, celle de Jouac en Haute-Vienne, a été fermée en mai 2001). Même si l’exploitation de ce minerai au Niger peut donner l’impression qu’AREVA se comporte comme chez elle !

     

    L’indépendance énergétique.

     

    Certains n’ont que ce propos à la bouche et feraient n’importe quoi pour le rendre réalité tangible.

    Le pétrole conventionnel voit son prix en constate progression. Le baril* de pétrole brut dépasse régulièrement les 110 $, soit environ 75 €. Le pic pétrolier de Hubbert serait en passe d’être franchi (selon certaines estimations nous y serions déjà dedans !). Le coût de cette forme d’énergie devenant prohibitif, il parait urgent aux économistes et aux « gens sérieux » de réfléchir à une solution de remplacement. À défaut de réfléchir à un autre mode de vie, moins polluant, moins producteur de gaz à effet de serre, moins destructeur et socialement compatible…

     

    Les USA exploitent depuis 1821 les gaz de schiste, mais cette exploitation n’était pas d’une rentabilité exceptionnelle. La hausse des prix du gaz « conventionnel » a rendu crédible et potentiellement rentable l’exploitation des gaz de schiste ! À son tour l’Europe, et la France (par la main de Jean-Louis Borloo alors ministre qui accorde des permis de prospection), ont décidé d’entamer l’exploration de leur sous-sol.   

     

    Grâce à la popularisation du film « Gazland », nombreux sont les citoyen-ne-s devenus attentifs sur les éventuels forages pouvant avoir lieu par chez eux. L’exploration (très couteuse) étant la première étape évidente de l’exploitation (sensée la rentabiliser).

     

    La carte de France des potentielles richesses en gaz de schiste a été dévoilée**. La mise en mouvement spontané de populations conscientes des effets dévastateurs d’une telle production auraient interpellée le gouvernement en place. La ministre Nathalie Kosciusco-Morizet promet « Il n'est pas question d'autoriser l'exploitation des gaz de schiste à l'américaine en France ». Ce qui laisse une marge d’interprétation !

     

    Rien n’est jamais acquis.

     

    « Ne fermons pas définitivement la porte » à l’exploitation des gaz de schiste… selon François Fillon, repris le 21 avril 2011 par Eric Besson, ministre chargé de l’industrie.

     

    Un rapport de connivence, pardon, un rapport sérieux, a été demandé par les parlementaires et les ministres afin de faire un point « objectif » au sujet de l’exploitation des gaz de schiste et leurs conséquences. Ce rapport aurait été rédigé par une commission composée par des partisans des gaz de schiste à savoir des gens issus du corps des mines ! Un rapport objectif, disais-je…

     

    Quelle suite ?  

     

    J’essaie d’imaginer ce que pensent les partisans de ce  nouvel or gazeux : attendre que les populations soient démobilisées pour revenir à la charge (après 2012 !?) ; modifier les lois sur le sous-sol (comme aux Etats-Unis ?) ; changer les mots qui fâchent : gaz de schiste et gaz de houille deviennent gaz de roche mère (un peu de poésie) ; et promettre que les nouvelles technologies d’exploitation seront plus efficaces et moins polluantes que ce que nous voyons actuellement en action aux USA (plus de fracturation hydraulique, plus de pollutions de nappes phréatiques, plus de rejets de gaz à effet de serre, promis, juré !) !

     

    Serions-nous dupes ?

      

    Eric Paplo-Ptek

     

    23 avril 2011.

     

    * Le baril de pétrole est de 159 litres.

    ** parmi les régions concernées : le Lot, Drôme-Ardèche, le bassin parisien, une partie de l’Aveyron, le nord du département du Tarn…

     


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