• La catastrophe de Fukushima aurait pu être évitée.

     

    La Catastrophe de Fukushima aurait pu être évitée.

     

    Le Japon vient d’être victime d’une triple catastrophe : un séisme, un tsunami, une série d’accidents industriels liés à la production électronucléaire. J’ai conscience que cet évènement a fait couler beaucoup d’encre (et ce n’est probablement pas fini), je me joins donc à ce concert de critiques acerbes.   

     

    Au-delà de la tristesse qui m’étreint pour les victimes et leurs proches, c’est de la colère qui transpire de mes propos.

     

    Cette catastrophe été prévisible, seule la date était inconnue. Ce sont des choix politiques, économiques et industriels (donc humains) qui ont l’essentiel de la responsabilité de ce gâchis :

     

    - l’Humanité est capable d’envoyer des privilégiés milliardaires en orbite dans l’espace pour un voyage EXCEPTIONNEL mais ne serait pas en mesure de mesurer les mouvements des plaques tectoniques de notre propre planète ?

     

    - l’aménagement du territoire lié à la densité des populations ont conduit à bétonner et habiter les côtes (le phénomène de tsunami est pourtant connu, surtout au Japon qui nous a donné ce nom vers la fin du XIX° siècle. Es-il possible de s’en protéger, surtout quand la vague rentre jusqu’à 5 km à l’intérieur des terres ?).

     

    - le nucléaire est une industrie dangereuse, même si une partie de sa nocivité ne se voit pas à l’œil nu (sauf sur les cadrans des divers compteurs qui nous aident à mesurer la radioactivité*). Les diverses bombes nucléaires testées ont prouvé la puissance dévastatrice de cette forme d’énergie. La catastrophe de Tchernobyl nous a donné un signal d’alerte trop peu pris en compte.

     

    À mes trois considérations s’ajoutent les propos de sismologues japonais. J’ai lu quelque part quelques mois avant le séisme de mars 2011 que le Comité de recherches sismiques du gouvernement japonais avait averti qu’un séisme de magnitude 8 avait 70% de probabilité de se produire dans les trente années à venir. Le sismologue japonais Ishibashi Katsuhiko (professeur à l’Université de Kobe), quant à lui, avait tenu un propos assez alarmant qui aurait pu être suivi de mesures concrètes :

    - " (…) À moins que des mesures radicales ne soient prises pour réduire la vulnérabilité des centrales aux tremblements de terre, le Japon pourrait vivre une vraie catastrophe nucléaire dans un futur proche (…)". **

     

    En désaccord avec les recommandations trop laxistes fixées par le comité d’experts chargés d’établir les normes sismiques des centrales nucléaires japonaises (auquel il participait) il démissionne.  

     

    Si le Japon avait pris en considération les propos d’Ishibashi Katsuhiko, en serions-nous là ? Avec de tels taux de radioactivité ?  De plus, le réacteur N° 1 de la centrale de Fukushima-Daiichi devait être arrêté en février 2011. Hélas, il fut prolongé pour 10 ans.

     

    Alors, faut-il le répéter ? L’industrie nucléaire (civile & militaire) est une industrie mortifère, polluante, dangereuse, coûteuse et insensée.

    L’extraction de l’uranium est une catastrophe sanitaire pour les personnes vivant dans les régions où il est extrait. Aucune solution n’a été trouvée pour les déchets radioactifs (certains le sont pour des millions d’années). Rien, ou presque, n’est prévu pour le démantèlement des centrales en fin de vie. Les quantités d’eau utilisées par cette industrie sont impressionnantes. Les pollutions sont permanentes (sous prétexte de faibles doses…). Cette industrie se drape dans le secret-défense bafouant toute règle de démocratie. De plus, cette industrie est liée à la production d’armement…

     

    Tout pousserait des êtres rationnels à sortir de l’impasse de cette forme de production énergétique.

     

    De plus, des solutions existent pour continuer à vivre dans un confort équivalent : développement des énergies renouvelables décentralisées en consultation avec les citoyen-ne-s, réduction des consommations, chasse aux gaspillages, réflexions sur les besoins réels de notre société ultra consumériste…

     

    Une rupture globale avec ce système est indispensable, inévitable, impérative. Il n’est pas trop tard pour enfin avoir, ici et ailleurs, le débat citoyen sur l’énergie dont les différents gouvernements nous ont toujours privés. Sortir du nucléaire est possible, il suffit d’en avoir la volonté et de faire en sorte que les populations (une fois informées) reprennent en main leurs destinées et le choix de leurs énergies.

     

    Alors à quand une coopérative autogérée de production d’énergies renouvelables dans le Tarn ?

     

    Patrice K

     

    26 mars 2011 (à l’heure où j’écris, rien n’est terminé à Fukushima, la centrale avec ses réacteurs en fusion n’est plus maîtrisée).

     

    * Dans le département du Tarn, nous sommes quelques-un-e-s à prendre des mesures de radioactivité à l’aide d’un compteur Radex. Jusqu’à aujourd’hui, aucune inquiétude. Les relevés effectués (entre 0,08 et 0,27 micro-Sievert) sont bien en dessous des seuils d’alerte.

     

     ** citation tirée d’un article paru le 11 août 2007 dans le quotidien International Herald Tribune/Asahi Shimbun 

     


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