• Sécheresse et famines.

     

    Sécheresse et Famines.

     

    Pendant que nous nous inquiétons (à juste titre) de la rareté des pluies dans nos contrées, la corne de l’Afrique (Kenya, Éthiopie, Somalie) subit la plus dure des sécheresses de ces soixante dernières années. Il semble évident que de graves famines vont s’abattre sur les populations les plus vulnérables de ces régions (d’autant que les marchés financiers ne manqueront pas de raffinement pour spéculer sur les denrées alimentaires).

    En débutant mon article je voulais parler de l’association « Solidarités International » (oui je sais on pourrait croire que je fais une faute d’orthographe en écrivant ainsi le nom de l’association, mais c’est réellement ainsi qu’ils ont choisi de s’orthographier !) qui a lancé en début d’été 2011 une campagne intitulée D-S-K.

    Sans en avoir causé avec eux je pense que c’est une allusion ironique sur l’impact médiatique de l’affaire dans laquelle est incriminé un personnage politique français dont les 3 initiales peuvent aussi former le triptyque « Désastre-Sécheresse-Kenya ». Impact médiatique incompréhensible en rapport à ce qui se déroule réellement sur notre planète.

    Et puis je me dis qu’en mettant le contact de cette association en fin d’article vous pourriez directement vous informer sur leurs actions* et moi, je pourrai écrire un article personnalisé sur l’agriculture en sac, promue par cette même association !   

     

    Au début de l’été, l’ONU annonçait que la sécheresse touchait 3,2 millions de personnes au Kenya.

    Plus de 10 millions de personnes pourraient être frappées par cette sécheresse dans cette région de l’Afrique. Et combien de lignes dans les médias ?

     

    Les deux dernières années ont été déficitaires en pluie, les récoltes en sont terriblement affectées, les troupeaux n’ont plus suffisamment d’herbe à brouter et comme un malheur n’arrive rarement seul, la flambée des prix des céréales rend l’accès à la nourriture quasiment inaccessible pour les bergers qui ne peuvent plus alimenter leur bétail. 

     

    Le but à atteindre pour toutes les victimes d’une crise alimentaire est l’autonomie alimentaire. Les populations doivent rapidement être en capacité de produire par elles-mêmes la plus grande partie de leur alimentation.

    Cet objectif est déjà délicat à atteindre dans les campagnes, alors que dire des populations entassées dans les bidonvilles ?

     

    Au Kenya, le 1er poste de dépense d’un ménage moyen est le budget dédié à l’alimentation !

    Comment se nourrir avec moins d’1 $ par jour alors qu’un repas de base coûte environ 1 $ ?

     

    L’agriculture en sac est à l’essai (depuis 2007) chez plus de 21 000 ménages d’un bidonville de Nairobi. Cette méthode culturale, hors-sol, nécessite peu d’eau, peu de terre et se passe de matériel sophistiqué. Elle permet d’obtenir des produits variés (réduisant ainsi les carences en vitamines…). L’éventuel surplus (choux, épinards), peut générer de minimes mais bienvenus revenus !

    Dans des situations de crise alimentaire aiguë, il semble évident qu’alimenter les humains est plus urgent que d’hypothéquer de l’eau et du grain pour nourrir le bétail. Il faut en moyenne 800 litres d’eau pour obtenir 1 kg de végétaux alors qu’il faut 15 000 litres d’eau pour obtenir 1 kg de viande. De même il faut compter 3 kg de grains (céréales et tourteaux d’oléagineux) pour obtenir 1 kg de viande de volaille ; 4 kg pour obtenir 1 kg de viande de porc et encore plus pour 1 kg de viande de bœuf !        

     

    L’agriculture en sac est une des solutions promues pour venir en aide aux populations les plus démunies et leur permettre d’obtenir rapidement l’autonomie alimentaire.  

    La méthode de l’agriculture en sac tente de répondre à certains problèmes rencontrés par les populations victimes de la sécheresse et du manque cruel de terres cultivables (difficulté d’accéder aux terres cultivables, raréfaction des terres disponibles liée à l’urbanisation, à l’augmentation de la population…). Il s’agit d’amener à maturité des plants de légumes et de les repiquer ensuite dans des sacs de terre afin qu’ils donnent ensuite deux récoltes par mois.    

     

    Améliorer l’autonomie alimentaire passe aussi par la mise en culture de semences adaptées aux climats et aux sols et non pas celles vendues seulement au profit des grands semenciers (sans parler des illusions liées à la promotion des plantes génétiquement modifiées sensées apporter de meilleurs rendements, de résister à la sécheresse, et d’être sources de vitamines et autres éléments primordiaux !).

     

    Améliorer l’autonomie alimentaire (et les conditions de vie des populations vulnérables) passe aussi par le développement de stratégies d’adaptation à la sécheresse et de méthodes culturales ou d’élevages adaptées. Ainsi que par l’amélioration de l’accès à l’eau (pour les populations et leur bétail) par l’installation et/ou la réhabilitation de pompes à main (avec apprentissage de l’entretien et réparation, disponibilité du matériel et des pièces détachées pour réparer soi-même) sur les puits déjà existants, collecte de l’eau de pluie, creusement de nouveaux puits.

     

    Améliorer les conditions d’hygiène des populations, notamment en sensibilisant à l’hygiène à proximité des points d’eau (selon l’OMS, chaque année, 1,6 millions de personnes à travers le monde meurent du manque d’accès à une eau potable non souillée).

     

    Apprendre des techniques simples de fabrication de fours et de cuiseurs solaires, afin d’éviter de brûler du bois (déboisement) et des bouses séchées (provoquant de graves affections respiratoires).

     

    Si le changement climatique n’est pas une lubie d’écolo apocalyptique, alors il faudra s’attendre à vivre de nouvelles sécheresses provoquant de nouvelles famines. D’autant que les réserves alimentaires mondiales semblent stagner alors que progresse en nombre la population mondiale. 

     

    Lutter contre la faim nous encourage à nous intéresser aux mécanismes de spoliations des terres agricoles et forestières, à la spéculation sur les produits agricoles, aux techniques culturales non adaptées, à la brevetabilité du vivant par les multinationales semencières, au nombre d’être humains consommant des produits carnés… Encore un sujet sur lequel on ne peut pas trouver de solutions si on se contente de ne regarder que dans un sens !

     

    Rappel démagogique : toutes les 4 secondes, une personne meurt de faim dans le monde.

     

    Mato Witko

     

    * contact de l’association Solidarités International :
    50 rue Klock
    92110 CLICHY LA GARENNE

    Tél : 01 80 21 05 05
    Fax : 01 80 21 05 99

    Site Internet : http://www.solidarites.org/default.shtml

     

    Nb : une autre crise alimentaire à venir et celle-ci dans un des pays les plus riches : au Japon, des suites de la catastrophe nucléaire de Fukushima. 


    Tags Tags : , , , ,
  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :