• Voile, burqa, divagation...

     

    Voile, burqa, divagation…

     

     

     

    Parfois je divague…

     

    Je laisse aller mon esprit, ou ce que j’appelle ainsi.

     

    Et dans cet état de décontraction, de divagation, je me surprends à penser !

     

     

     

    Ce matin par exemple : suite à la sortie du rapport* de la Sous Direction de l’Information générale (SDIG) sur le port de la burqa ou niqab par 367 femmes musulmanes en France, je comparais (certainement de façon déplacée), le voilement des femmes dans l’Islam intégriste et la nudité dans les pubs impudiques des femmes en Occident. Je me demandais pourquoi, comment, on pouvait arriver à ces deux extrêmes…

     

    D’autant que j’ai bien l’impression que cela procède du même procédé : la volonté de gérer la vie, les droits… et le corps des femmes.

     

    En exagérant je compare la recherche de la vierge emmurée chez certains et l’exhibition publique de la putain chez d’autres. Je sais que j’exagère, car ce n’est pas être une putain que d’être affichée dénudée sur tous les murs, dans la plupart des publicités. C’est juste pour faire un parallèle entre ces deux oppositions. Ici on cherche à éveiller des sens en proposant le corps nu d’une femme pour vendre un yaourt, une voiture, un forfait en thalasso ou un parfum ; là, on cache un corps pour le protéger des pulsions libidineuses de ceux qui ne peuvent pas les contenir !

     

    Je précise que je n’ai aucun problème avec la nudité de ces corps affichés partout. Au contraire, sensuel et esthète, je me délecte de vivre parmi d’aussi belles personnes dans ma vie privée. Mais dans le monde public, je me demande si cette nudité ne cache pas des sentiments moins nobles que ceux qui m’animent.

     

    Bien sûr, je joue au naïf. J’ai depuis longtemps analysé le sujet (et je continue) et lu des réflexions sur le lien entre le corps de la Femme, sa marchandisation et le patriarcat.

     

    D’autant que sur le corps des femmes reposent bien des responsabilités. Celle d’éveiller le désir, la pulsion d’achat, celle d’être une matrice, celle d’être responsable de l’état du rut mâle.    

     

    Je m’inquiète de la nécessité de légiférer sur tout. J’ai toujours amertume et colère quand j’entends la société politique ou civile en appeler aux élu-es pour qu’ils-elles prennent des décisions, votent des lois sur tout ce qui traite de la vie, restreignant ainsi les libertés individuelles que nous sommes, pour la majorité d’entre nous, bien incapables d’assumer et de conserver.

     

    Je me demande si la majorité d’entre nous est assez mature pour jouir de ces libertés. Et la je vois poindre dans les méandres de mon propre discours un appel dissimulé aux pires réflexes autoritaires dans la contrainte ou l’obligation.

     

    Voilà comment on peut avoir des pensées fascisantes en laissant son esprit divagué ! Si c’est pas malheureux d’en arriver là !     

     

    J’en reviens aux polémiques suscitées. Chacun-e y va de sa théorie… de ses savoirs et analyses… Et si on demandait aux principales concernées leur avis ? C’est déjà fait. Bien et alors ? Ben… rien ! La soumission a engendré des éternelles soumises ? Et si la société était faite de sorte que personne ne se sente obligée de se soumettre ou de s’afficher ainsi pour se sentir appartenir à une minorité méprisée ?

     

    C’est cette société qu’il faut élaborer et non pas des textes autoritaires qui normalisent nos modes de vie… Vous ne pensez pas ?

     

     

     

    30 juillet 2009.

     

    Mato Witko.

     

     

     

    * rapport du SDIG du jeudi 30 juillet 2009.

     


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