L’ÊTRE À LA MER. Patrice, 19 février 2001.
Cette lettre sera mon dernier écrit,
À sa lecture, peut-être ne serais-je plus…
Je décide d’en finir d’avec la vie,
Et franchir les portes de l’inconnu…
Je domine la mer
Du haut de la falaise ;
Je sens comme un malaise
Qui m’attire vers l’enfer !
Le vent iodé balaie mon visage,
Les embruns crachés, des anges,
M’apportent leurs étranges saveurs ;
Le vertige se mêle au bonheur…
Mes yeux se posent sur les rochers
Où les vagues rugissantes,
Viennent comme des acharnées
S’écraser, frémissantes…
Des sirènes invisibles
Me chantent la bienvenue ;
Leurs voix enivrantes, à peine audibles,
Mettent mes peurs à nue !
Comment vais-je résister
À cet appel insensé ?
Prendre un dernier envol
Pour l’ultime chute folle…
Voilà, j’ai franchi le pas ;
Le fallait-il ou pas ?
Vais-je dès lors regretter
De ne plus voir la beauté
De ce pauvre monde affaibli,
Qui comme moi perd la vie…