TON SOURIRE. Patrice, 11 octobre 2003.
Le ciel est gris, enflé de fumées morbides ;
La poussière des routes s’élève sous le pas de l’exode ;
Une foule de fantômes en haillons sordides
Fuient vers le flou, tonnant de sublimes odes.
Le soleil sombre oublie de rallumer la vie,
Les ténèbres enveloppent les espoirs d’utopie.
Un peuple d’errants traîne sa misère,
À travers les aléas d’une énième guerre.
Mais… Quand tu me souries…
Il m’arrive d’oublier
L’horreur des charniers…
S’érigent des cris d’affamés
Tels les étendards d’une nouvelle armée ;
D’une armée de gueux désarmés,
Impuissants, misérables condamnés…
Des doigts décharnés s’agrippent aux grillages,
Des visages émaciés supplient la mort ;
Les barbelés suintent le sang des ravages.
La mort s’insinue encore et encore…
Mais quand je croise ton sourire…
Il m’arrive d’oublier
L’horreur des charniers.
Des vagissements d’enfants clamant leurs mères,
Les hurlements de femmes aux fruits de leur chair ;
Des pleurs ravagés sur la face du monde,
L’Humanité danse sa dernière ronde !
La folie glorieuse pose son doigt d’airain
Sur la Terre honteuse qui panse ses blessures.
Les dents du vice ruissellent de souillures,
L’Homme abat sa tâche, fier, vil et hautain.
Mais… Ton sourire…
Comme une lueur tirée des abysses ;
Comme un baume sur une cicatrice ;
Comme une main tendue dans la nuit,
Comme un phare perdu et qui luit…
Ton sourire…
Comme une fleur perçant la glace ;
Comme un chant dans le silence…
Comment ne pas s’y perdre ?
Comment ne pas s’y pendre ?
Comment l’oublier
Alors qu’il ne reste que lui à qui se rattacher ?
à Marlène C.