ENFANT DU NÉANT. Patrice, 2 mars 2005.
À toi, « petit/petite » que je ne connaîtrais pas,
À toi, « petite/petit » que je n’engendre pas ;
Je ne te verrai pas grandir, je ne te verrai pas partir,
Faire tes premiers pas, t’éloigner toujours plus de moi…
Mais dans ton inexistence, tu seras protégé
De la honte, de la colère, de la peine,
De l’humiliation, de la violence, de la haine,
De la folie, du meurtre et des dangers…
Refrain 1 :
Certaines fois, il me semble t’entendre gémir mon nom ;
Mais quels sont ces fantômes qui hantent mon ouïe ?
Certaines fois encore je réfléchis le prénom
Que tu aurais porté, toi, celui que je fuis…
Te vois-tu, incréé/e, marchant me tenant la main,
Sur les plages océanes, entonnant des chants marins ?
Courir après les chiens qui déterrent des œufs d’oiseaux
Et leur aboyer combien le monde est beau !
Parfois je m’imagine venir te border, te souhaiter de beaux rêves,
Te raconter une histoire, chasser tes angoisses ;
Sécher tes pleurs, écouter le murmure sur tes lèvres,
Et finir par te conter ma propre enfance.
Refrain 2 :
Aurions-nous été heureux, toi enfant, et moi, père ?
Scénario sans casting, pas de droit à l’erreur.
Je ne sais même pas qu’elles auraient été tes mères !
Ni dans quel idéal construire ton bonheur…
C’est drôle de te parler à toi qui n’es pas,
Fantasmagorie ou transfert de mes doutes ?
J’aurais été là, toujours à ton écoute
À répondre à tes pleurs, à tes pourquoi…
Nous héritons de la Terre
De nos ancêtres,
Et nos enfants, eux, hériterons
De nos aberrations…