LE COULOIR DE LA MORT. Patrice, mai 1998.
J’attends dans ce sombre couloir
Que la justice vienne œuvrer son art :
Son erreur, sa faute, sa sentence,
Son jugement hâtif, sa démence…
Murs témoins de terribles drames ;
Personne n’est là pour voir les larmes.
Ma mort en preuve de leur folie !
Ma mort pour l’ignominie…
J’entends marcher derrière moi
Le spectre vicieux de la mort,
Il murmure de sa douce voix :
-« ferme les yeux et serre-moi fort ! »
Tel un amant maudit,
Il m’enlace et me glace.
C’est alors que je le vois : il rit !
S’enfuit de moi mon existence…
Demain peut-être, apprendra-t-on
L’innocence du supplicié ?
Mais dès lors, se lamentera-t-on
Des erreurs des justiciers ?
A Giordano Bruno (brûlé sur le bûcher de l’Inquisition à Rome en février 1600), Troy Davis (exécuté en 2011), Mumia Abu Jamal (sa peine capitale est commuée en 2011), Leonard Peltier…