MON DRAME. Patrice, 15 août 2000.
Ce filet de sang sur mes lèvres,
Ce rictus navrant, fils de ma verve ;
Sous la lune riante,
J’offre mon absolution,
Sous la pluie battante,
Je demande la rémission
De mes fautes, de mes péchés,
De mes actes, de ma liberté.
Ma résection, grande joie pour les fous,
Ô ! Pardon de ne pas être allé jusqu’au bout !
J’ai bien trop d’adversaires
Pour continuer ma vie sur Terre…
Des armées de Cerbères
Crachent le feu de la guerre,
Les masses populaires,
Leur rampent aux pieds,
Ils croupissent dans leur misère
Mais leur baisent les souliers…
Tant de génuflexions,
Tant de résignations
Me donnent des nausées,
Me hantent pour l’éternité ;
En moi se mélangent
Le sang et les larmes,
Cette incommensurable rage
Me plonge dans mon drame.
Mon corps alourdi,
Mon âme sombre,
Mon éther envahit
D’une lumière d’ombre.
Des cris de silence
M’assourdissent de violence.
Des fragrances de chairs brûlées
Me parviennent de leurs charniers.
Qu’avec moi meure l’humanité
Cette folle entité !
Depuis le début, je craignais la fin !
Depuis le début, je rêvais de la fin !
Je veux voir le paradis,
Ce cimetière pour esprits ;
J’ai à parler avec les dieux,
Et leur faire l’aveu
Que leur monde est horreur,
Que leur monde me fait peur ;
Je suis un fantôme,
J’erre de ciels en ciels,
En quête d’autres lumières
En quête des grands Mystères…
Je hais tant les hommes
Que j’ai regret d’être leur pareil.
À rêver un espoir
J’ai cru mon devoir
De me crucifier,
De me sacrifier.
Toute civilisation
A son lot d’hécatombes ;
Mon immolation
Pour fleurir toutes les tombes,
Je m’offre à la vindicte
De ceux qui nous dictent,
Les régisseurs de nos vies,
Les censeurs de nos envies.
Que les flammes des damnés
Embrasent leurs bourreaux.
Que le bûcher sacré
Consume les croix des héros !
Plaies béantes, ouvertes à jamais,
Fois démentes, croyances infernales…
Une averse torrentielle s’abat désormais
Sur les consciences vénales…
La torture dans tous mes rêves ;
La dictature m’étouffe.
La tyrannie ne me laisse nulle trêve,
Mon avenir s’essouffle…
Mon cœur saigne,
Il souffre devant le règne
Des Tyrans Empereurs,
Des psychopathes dictateurs…