SUR LES RUINES. Patrice, février 1995.
De noires colombes, de blanches corneilles
Planent au-dessus des ruines encore fumantes…
J’entends le gémissement d’une mourante,
Entre ses bras gît le fils de ses entrailles…
Violée par des cerbères armés de haines,
Frappée à coups de pieds, à coups de chaînes,
Elle attend la mort, larmes aux yeux,
Sans un mot, ni un cri pour les dieux…
Pour quels sanguinaires suzerains
A-t-on commis ces odieux massacres ?
Quels tyrans au cœur d’airain
Se délectent de ces bûchers âcres ?
Le Trône conquérant s’abreuve de souffrance ;
L’agonie des peuples fait la joie des puissants ;
Victimes expiatoires sur leurs autels déments,
La seule loi ici, est la loi de la violence…
La couronne est souillée par mille sangs.
Qui osera enfin venger les innocents ?
Par le spectre royal, fruit des potences
On installe son impériale gouvernance…